Le maquillage années 20

Les années 20 représentent un tournant de l’Histoire marquées par un profond bouleversement suite à la traumatisante Grande Guerre. La population désire nouveauté, joie et modernité…  La garde-robe féminine change, le corset disparaît peu à peu, le maquillage années 20 est une révolution pour les femmes.. En effet, elles se libèrent leur corps grâce à des vêtements plus pratiques pour se mouvoir et danser : la taille se fait basse, la jupe plus courte, le tissu plus ample, les cheveux se coupent à la garçonne. Il faut dire qu’elles ont remplacé les hommes au travail, partis au front… 

Le maquillage subit lui aussi une évolution importante, ce que nous allons développer dans cet article.

Défaire un cliché

Mais, tout d’abord, il est bon de défaire ce qui est devenu un cliché : ce qu’on appelle les « Années folles » touche une faible partie de la population. Plus précisément les grandes villes, certains milieux artistiques ainsi qu’au sein des catégories les plus aisées. En effet, celles-ci pouvaient se permettre davantage de liberté de mœurs et financières (achat de lingerie fine, de vêtements luxueux, de cosmétiques, fêtes…).  La réalité dans les campagnes et dans la vie de tous les jours est beaucoup moins glamour que ce que l’on peut voir à travers les films (ex. : Chantons sous la pluie), les photographies modernes et autres supports non authentiques.   

Il suffit de se documenter avec des archives d’époque pour se rendre compte de cela. Malgré le fait que la coiffure courte (crans, bob.. ) devient peu à peu universelle dans les années 20, le maquillage demeure assez discret pour la plupart des femmes.   

Les photomatons de l’époque reflètent bien cet esprit :   

Le maquillage années 20 : pour qui ?

Le maquillage s’adresse donc davantage aux artistes, aux femmes vivant en ville ainsi qu’au monde festif et nocturne . Il n’est plus destiné uniquement qu’aux prostituées et aux autres professions de scène.

Nous pouvons également constater que le port du maquillage par la gente masculine est assez fréquent lors des soirées costumées, dans certains bars par exemple.

Les innovations cosmétiques qui ont subi une évolution dès les années 10 sont en plein essor, en raison d’une consommation plus importante. 

Gordon Selfridge (1848-1957) crée les premiers comptoirs de maquillage. Les femmes peuvent enfin avoir un large choix et tester avant d’acheter, avec l’aide d’une conseillère.

Comptoir de maquillage, 1920’s, © Historical Society

Le rouge à lèvres, les ombres à paupières, le mascara et la poudre deviennent partie intégrante de la mise en beauté, et sont déclinés dans plusieurs teintes selon les carnations et les goûts de chacune.  

Des marques comme Maybelline, Revlon ou encore Max Factor se développent. Cette dernière, du nom de son créateur, a énormément apporté au maquillage de cinéma, notamment à Hollywood, et à l’étude précise du visage et de ses caractéristiques afin de le mettre en valeur. 

Max Factor est influencé par divers univers comme le cinéma muet, l’Orient, l’Asie, qui influent également sur les autres arts comme la danse ou le théâtre. Suite à la découverte du tombeau de Toutankhamon, l’Égypte devient une source d’inspiration, en particulier pour le trait deye liner.

Le teint dans le maquillage années 20

Dans les années 20, la peau se veut pâle et lisse : la mode est au teint de porcelaine et au visage rond de poupée. Il faut attendre les années 30 pour que la peau mate ne soit plus considérée comme un signe de pauvreté. Différentes poudres, selon la carnation, sont proposées. Les femmes s’appliquent de la lotion astringente afin de purifier la peau et utilisent de la cold cream généralement comme base de maquillage. Certaines poussent le vice jusqu’à utiliser de la crème de blanchissement de nuit.

Le blush, dans les tons roses/rouges, fréquemment porté au cours de cette décennie, est appliqué selon la forme du visage.

Publicité blush dit « Le rouge », 1920 , ©Rigaud

Si le maquillage bénéficie de grandes avancées dans cette décennie, le recours aux produits chimiques pour le fabriquer, comme le plomb, le souffre ou le mercure, ont généré des dégâts cutanés.

Un regard si particulier

Les sourcils sont redessinés fins et vers le bas afin de donner un air dramatique et mélancolique au regard . Les femmes utilisent ce que l’on appelle le « mascaro » de couleur foncée (brun ou noir), équivalent du « mascara cake » moderne qu’elles appliquent avec une brosse applicateur. Ils peuvent également servir aux sourcils.

Mais c’est véritablement à partir des années 30 que les femmes s’épilent les sourcils ( voire se rasent) comme par exemple l’actrice Jean Harlow

Les yeux se font mystérieux et sombres : entourés de marron ou de noir donnant un regard fumé pour les soirées, les films muets, les photographies…

Une bouche mutine..

La lèvre supérieure se redessine en forme de cœur, en retraçant larc de cupidon. Le petit doigt se trempe dans le pot puis s’applique sur la lèvre pour lui donner cette forme. On vend même des traceurs de bouche afin d’aider les femmes à obtenir un résultat parfait.

La couleur du rouge à lèvres est dans les nuances de rouge.

En 1928, le chimiste Paul Baudecroux invente “Rouge Baiser” le premier rouge à lèvres indélébile. C’est un gros succès : plus de 75 pour cent des rouge à lèvres vendus sont Rouge Baiser.  

Autre rouge, le Rouge d’enfer de Guerlain, commercialisé au début des années 20 . La particularité est qu’il s’ouvre et se ferme en tirant sur un pompon.  

Couleurs : rétablir une vérité

Pour conclure, j’aimerai rétablir une vérité : les photographies d’époque avaient tendance à fausser la réalité des couleurs du maquillage en nous apparaissant plus sombres. La raison vient des effets des pellicules orthochromatiques sensibles au bleu. En effet, le bleu était enregistré trop brillant et foncé, rendant alors les yeux bleus effrayants et la couleur du maquillage biaisée, trop sombre. Le rouge à lèvres rouge paraissait également noir.

Contrairement aux clichés, le fard à paupières clair était au goût du jour : le bleu, le vert, le turquoise…

Palette de maquillage, années 20, @GlamourDaze.com

Les meilleures références pour connaître les vraies couleurs de maquillage de l’époque sont les affiches de films et les couvertures de magazine.

Louise Brooks (1906-1985) nous apparaît ainsi beaucoup moins mystérieuse avec son ombre de fard à paupières clair et son rouge à lèvres rouge.

Vous rêvez d’une mise en beauté authentique des années 20 ? Alors voyagez au coeur des années 20 le temps d’une séance photographique argentique dans mes studios d’époque avec prêt de vêtements, d’accessoires et décor :https://ladanaideepochphotography.com/prestations/studio/

Voici quelques mises en scène de style 1920 réalisées par mes soins.

Envie d’en découvrir plus ? : voir mon exposition en ligne de photographies authentiques années 1920

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4 thoughts on “Le maquillage années 20”

  1. Soyer dit :

    C était très intéressant votre petit documentaire sur le maquillage et la coiffure ainsi que la mode en période des années 1920 j ai hâte de vous rencontrer pour faire mes photos bravo pour votre travail nathalieS

    1. Soulet dit :

      Génial l’article, les photos, les femmes avaient la classe..

  2. Charkoff Hélène dit :

    Enfin un article sérieux et documenté sur un sujet précis
    Merci

  3. Marie caseira dit :

    Enfin des articles très bien documentés et précis, sans aucun parti pris, juste une belle parenthèse sur la beauté féminine.

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